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Ce matin, sur la route que je prends plusieurs fois par semaine, sur la route banale du marché et de la bibliothèque, quatre jeunes regagnaient leur école pour la dernière journée de classe avant le week-end. Ils étaient en retard, pressés, ont doublé la voiture qui était devant eux. Pensaient-ils qu'ils avaient le temps de passer avant le car qui venait en face d'eux ? N'ont-ils pas fait attention ? Deux sont morts sur le coup dans le choc si brutal, les deux autres sont, ce soir, dans un état critique. Dans le car scolaire qui arrivait en face il y avait mes trois plus jeunes enfants, au premier rang, derrière le chauffeur qui a fait glisser le car dans le fossé pour atténuer le choc. Sans ce réflexe, ont dit les gendarmes, le bilan aurait été beaucoup plus lourd. Ensuite, les pompiers, les gendarmes, le samu, les psychologues qui entourent les enfants, les girophares qui tournent dans la nuit qui se retire, les médecins, les enfants pâles et muets. Les miens n'ont rien, ou si peu, mais des images tournent maintenant dans leurs esprits, des images qui ne devraient pas y être. Et je pense aux mères de ces quatre jeunes, ce soir, je pense à mes enfants au premier rang du car, je pense à ce chauffeur de car qui a sauvé des vies, des images tournent dans mon esprit aussi, chagrin, compassion, peine et colère se mêlent et me déchirent le coeur.