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Je souris souvent en entendant, lorsqu'on parle carnet de voyage, toujours évoquer le lointain, l'ailleurs. Comme s'il était obligatoire pour jouer à ce jeu-là d'avoir en poche un billet pour Bangkok ou Cancùn, ou de revenir de San-Francisco, Melbourne ou Rangoon. De partir vraiment loin, en (se) faisant croire que personne n'était allé là avant, de se prendre pour Nicolas Bouvier (au moins). Qui dit  carnet de voyage dit en effet voyage, non ? Mais le voyage n'est-il pas, au bout du compte, l'instant que nous vivons, chaque jour n'est-il pas un voyage ? Pourquoi bouder le plaisir de coucher sur le papier les petites choses de tous les jours, les rencontres, les instants précieux ? Lorsque Damien Roudeau, immobilisé à l'hôpital, dessine à longueur de journée les soignants et les malades, lorsque Anne Le Maître suit du bout de son crayon l'éclosion d'une jacinthe achetée au marché, ne s'agit-il pas tout autant de voyages ? Tout est prétexte à se faire plaisir, à dessiner, écrire, croquer, à enfermer ces petits moments dans un carnet pour se souvenir, pour les garder, pour les offrir. Rembrandt lui-même disait que toute une vie ne pouvait suffire à dessiner la vie de sa maison...

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