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A Landerneau, après avoir arpenté avec une lenteur délicieuse les pavés de la vieille ville, je suis montée jusqu'à l'ancien couvent des Capucins, jusqu'à la Fondation Leclerc installée là par l'enfant du pays. Je ne connaissais de l'artiste que ce qu'on en montre toujours. Toujours du noir, du bleu, du rouge, toujours ces formes labyrinthiques. J'ignorais tout de l'avant, de l'après, du pourquoi, du comment, de la lente maturation. Pour la première fois étaient regroupés sur un même site tous les tableaux que Dubuffet lui-même avait choisis pour expliquer la progression de son travail, de l'oeuvre de toute une vie. Jubilation ! Profitant du silence matinal dans l'immense lieu qui serait, l'après-midi, envahi par la foule, j'ai savouré l'impression d'avoir l'exposition pour moi toute seule, me suis gorgée de ces oeuvres faites pour la joie de vivre, de ces déclarations fracassantes à grands coups de couleurs. Du noir, du bleu, du rouge. Une gaieté montait en moi, il me fallait dessiner, là, tout de suite, saisir cet instant pour le poser dans mon carnet, partager, regarder mieux pour dessiner. Hélas, au premier croquis, une surveillante de salle est arrivée droit sur moi, me disant que non, elle était désolée, navrée, vraiment, mais que ça n'était pas possible, que je devrais me contenter de photos. La frustration après la jubilation. Alors mon carnet viendra après, sera fait à l'atelier. En noir, en bleu et en rouge.