La pluie qui dégouline le long des vitres de mon atelier, la vigne vierge rougie qui les encadre, le crème très pâle, un peu fragile, des petites roses pompon posées sur le coin de ma table à dessin, tout me le dit : l'automne est là. Il est arrivé d'un coup, sans crier gare. Je sentais encore sur ma peau  la chaleur des ruelles labyrinthiques du vieux Lisbonne et sur mon palais la cannelle des pastéis de natal, et voilà que j'ai noué ce matin autour de mon cou une grande étole de coton pourpre et regardé d'un oeil interrogatif le poêle à bois posé sur mon parquet comme un gros bouddha patient. Mais la première flambée attendra encore, les premiers frissons ne sont pas encore là, ce sont eux qui décideront du craquement de l'allumette. En ce premier jour de ciel d'automne, l'atelier m'appelle. Je le retrouve avec plaisir après tous ces mois de stages, de carnets ventrus remplis jusqu'à la gueule de croquis et d'aquarelles. Je souris souvent en songeant que la pièce dans laquelle je passe le plus de temps est la plus petite de la maison. Mon atelier, mon antre, ma grotte. On se retrouve tous les deux, on n'a fait que se croiser cet été, nous devons nous réapprivoiser, reprendre nos marques. Les stages pensés, organisés sur ce bureau sont devenus réalités, et déjà mes prochains cours d'aquarelle s'organisent là à coups de petites notes crayonnées. Bonne rentrée à vous...

Et comme ça, juste en passant, histoire de mettre un peu de bleu sur l'écran, quelques images de mon premier stage à Lisbonne, il y a à peine plus d'une semaine...

Lisbonne19

Lisbonne19

Lisbonne19

Lisbonne19

Lisbonne19

Lisbonne19

Lisbonne19

Lisbonne19

Lisbonne19