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Un croquis sur le vif, avec des larmes plein les yeux. Après... après je lis qu'il y a d'autres drames, que le monde va mal, qu'il y a de la misère partout, et c'est vrai, c'est tellement vrai, c'est terriblement tellement vrai. Mais mon coeur est assez grand pour compatir aux chagrins du monde, je me refuse à nier ma peine, toutes mes peines, tous mes chagrins, je me refuse à hierarchiser (quel vilain mot), à dire que ceci est grave et celà ne l'est pas, que telle cause est plus grande que telle autre, je me refuse à entrer dans un débat que je juge stérile. Tel le colibri du conte je fais ma part, ma toute petite part, avec mes tout petits moyens. Je pleure les victimes de toutes les violences humaines comme je pleure Notre-Dame, mais je recueille avec obstination et tendresse toutes les preuves de solidarité, de compassion, de bienveillance et d'amour, tout ce dont on ne parle pas, ou si peu, tout ce qui lie et relie, tout ce qui fait avancer, et avancer ensemble, dans les jours sombres comme dans les jours bleus.