2018-04-12

Et puis d'un coup le printemps, la porte du jardin laissée grande ouverte, les abeilles affairées, les mésanges cueillant la mousse pour en tapisser leur nid. Les primevères éclaboussent de rose le vert acide des talus, la menthe que je croyais perdue resurgit là où je ne l'attendais pas, et j'en froisse une pleine poignée que je laisse au creux de ma poche, ivre de son odeur entêtante. Tellement soudain, la tête m'en tourne, envie de la giffle des vagues, d'emplir mes poumons de tout ce bleu, de ce vert cru. Mettre mes mains dans la terre, retrouver mon jardin malmené par cet interminable hiver que la lumière chasse à grands coups de vol de papillons. Comme à chaque printemps je me détourne soudain de ma maison, il me faut de l'air, de la chaleur sur ma peau, de la lumière derrière mes paupières closes. Comme à chaque printemps la raison me chuchote de ne pas m'emballer, de n'y pas trop croire encore, mais le feu qui craque dans le poële à bois ne m'attire plus, je rêve de dormir dehors, d'écouter les étoiles...