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Il suffisait d'ouvrir le carnet de mon voyage à Barcelone pour que tout me revienne en tête avec une précision inouïe, comme si j'étais encore là, à la terrasse d'un café du Barrio Gotico, à dessiner dans la douceur du soir tombé (nous étions dans les derniers jours d'octobre). Le labyrinthe des ruelles aux pavés usés par les siècles, un concert improvisé par deux violoncellistes au pied de la cathédrale, les dentelles de pierre, le glouglou des fontaines, la cohue des rues marchandes, la saveur parfaite de ces fruits juteux dégustés dans les allées des halles,  le scintillement du soleil se couchant sur la Méditerrannée, les palaces flottant ancrés dans le port et venus des Maldives ou d'Australie, les perruches promenant leur plumage acidulé à travers les arbres du parc Guëll, l'art nouveau partout dans la ville, les envolées architecturales de Gaùdi. Tout était là, dans mon carnet, et même le regard de cet étudiant quand il a compris que j'étais française, alors que je dessinais le jardin intérieur de l'université, et même le sourire  de cette patronne de café lorsque je lui ai offert le croquis de sa terrasse, tout un univers rangé à plat dans un carnet, n'attendant pour répandre ses images, ses parfums, ses saveurs, ses couleurs, que d'être ouvert à nouveau. Tout un voyage en quelques minutes, la magie du carnet de voyage...

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