Ce matin je regardais les champs labourés, les écharpes de brume enroulées autour des châtaigniers, les roses aux couleurs fanées, tout me parlait d'endormissement, de tête sur l'oreiller, de sommeil lourd et profond. Les couleurs d'automnes m'évoquent pourtant les flamboyances des ors vieillis, des pourpres éclatants, des sang, mais il faut pour qu'ils s'expriment qu'un rayon de soleil viennent lustrer leur brillance, vienne faire exploser leurs cymbales. Dés que le soleil se cache, le même paysage devient coton bleuté et frisson, nous faisant oublier que l'instant d'avant était symphonie. Pile, face, l'automne nous montre le yin et le yang, jouant avec les sensations, les émotions. Moi qui aime tant juin et ses promesses regarde désormais octobre d'un oeil plus intéressé, me disant qu'il cache peut-être derrière ses rideaux de brume autre chose que froid et nuit trop longue.

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