Horloge_Astronomique_des_Freres-Ploermel

C'est un endroit un peu oublié, au milieu de la ville mais noyé de silence. Il faut quitter les bruits de la cité, le tumulte des gens pressés, passer sous un grand porche, pousser sans façon la grille, entrer dans la cour austère. Là, simplement protégé par une verrière toute simple, l'horloge astronomique tourne, tourne, égrène chaque seconde, chaque minute, chaque heure, chaque jour, chaque semaine, chaque mois, chaque année, chaque siècle, implacablement, sans jamais s'arrêter. La grosse pendule indique le jour du lever du soleil dans la petite cour blanche, et l'heure de son coucher, loin de l'heure de Paris. Mieux encore, tout le système solaire est là, le soleil en son centre, et toutes ses petites planètes, à l'échelle, qui tournent autour de lui à la vitesse exacte. Et l'on se dit que l'on est là, sur cette toute petite boule bleue qui n'en finit pas de tourner, et que ce mécanisme là n'en finit pas non plus de tourner, depuis plus de 160 ans, juste animé par des poids qui montent, descendent, millimètre par millimètre. Pas un gramme d'électronique, et pas une once de gloire pour son auteur, prêtre et prof, qui voulait juste trouver un moyen d'aider ses élèves à visualiser le temps... Alors on sort de la cour, un peu sonné de ce voyage dans le temps, et on se fait happer par la ville qui, elle, court toujours.