comme un printemps

Le chili con carne remplissait ma plus grosse cocotte en fonte et avait mijoté toute la matinée. "Ne te fais pas d'illusion, m'avais dit Paul, il n'en restera pas". J'ai parfois l'impression de nourrir une tribu entière, toujours affamée, toujours pressée de passer à table. Du chili il n'est pas resté un seul petit haricot. Plat d'hiver pour une journée de presque printemps. Dernier week-end de janvier, d'un janvier passé en un éclair. Je suis partie dans les chemins rencontrer le nouveau printemps qui, s'il n'est pas encore là, nous fait signe. Déjà le vert, sur les talus, change imperceptiblement, les jeunes pousses sortent de la vieille mousse, les bourgeons gorgés de sève murissent comme de grosses chenilles. Les oiseaux se poursuivaient, rendus un peu ivres par la lumière nouvelle et la douceur de l'air. Ne pas s'emballer, février tout entier reste à passer, et mars qui, s'il est le plus souvent doux par ici peut nous jeter des poignées de froid au visage. Mais le printemps viendra, c'est maintenant certain.
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